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Sur scène la suite

Lorsque nous sommes rentrées sur scène, le public était déjà en feu.

Ce que j'aime dans le burlesque, c'est qu'il y a une interaction avec le public. Il n'est pas juste consommateur, il y participe. On le fait crier, hurler, siffler, taper des pieds, bref il doit faire du bruit pour que l'on se déshabille.


Nous étions attendues et le public nous l'a fait sentir.

Je commence avec le temps à avoir l'habitude de la scène ce qui n'enlève rien au stress.

J'avais déjà eu personnellement des sensations dingues au moment de mon solo, je m'étais tant amusée que j'étais dans un certain état d'euphorie. Je ne me souviens pas avoir stressée avant de monter avec elles sur scène. Je pense même qu'il devait y avoir en moi de la fierté quand je suis arrivée et que j'ai regardé le public.


Et puis notre numéro est passé, vite, si vite. Sur scène, il y a toujours une distorsion du temps assez curieuse. On a l'impression qu'il se passe une éternité avant de rentrer sur scène et une fois qu'on y est tout passe si vite, les minutes deviennent des secondes.

L'ambiance était si folle, le public nous portait avec leurs encouragements.

Et puis je me souviens, l'avoir inciter à crier un peu plus fort, et là, … on a pris un peu comme un tsunami sur scène, je l'ai vécu comme ça et puis j'ai pensé tout de suite aux filles derrière, en me disant que cette vague là, son intensité, elles la prennaient en pleine face et ne l'oublieraient sûrement jamais. En tout cas moi non. On a toutes les 7 été transportées vers quelque chose d'une saveur unique, éphémère, brève, mais qui nous marquera probablement à vie.


C'est pour ça que je voulais qu'elles montent sur scène. On y vit des choses que l'on ne vit pas ailleurs et d'autant plus quand il est question de montrer son corps.


On a finit sous un tonnerre d'applaudissement. On s'est enivrée d'eux, on est restées sur scène un peu, comme si personne ne voulait que cet instant de magie se termine. J'ai appris dans les jours suivants que des gens s'étaient même levés pour nous applaudir. Nous avons aussi émus et fait parfois pleurer des gens dans le public. Il y avait quelque chose de particulier ce soir là.


Quand la salle fut rangée, les artistes rentrées, je suis restée un peu dans ma voiture avant de retourner chez moi. J'avais besoin d'un petit retour au calme après la tornade de ses dernières semaines. Et j'ai pleuré, de fatigue sûrement un peu mais surtout parce que j'étais contente de moi, enfin plutôt fière. Fière de ce que je venais de réaliser, d'avoir défendu ce projet, de les avoir vues rayonner, d'avoir peut être d'une certaine façon changé des petits fragments de vie dans la leur, mais aussi dans celle du public.


Je me suis sentie accomplie et fière. En acceptant ce projet fou, de me faire confiance, sans le savoir elles ont, elles aussi, changées des choses dans ma vie.


Merci les Red Lips.



Crédit photo : Maude Tourret Photography

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